L’abri Sadi-Carnot

Un endroit émouvant par son souvenir dramatique que chacun des brestois se doit de visiter, l’abri Sadi-Carnot. Ce lieu n’est pas accessible toute l’année. Il n’y a que quelques dates chaque mois (http://www.brest.fr/culture/patrimoine/labri-sadi-carnot.html). J’ai déjà visité plusieurs site historiques où des drames se sont déroulés lors la première ou de la seconde guerre mondiale et celui-ci revêt un caractère particulier. C’est un tunnel étroit où l’histoire n’a eu besoin que d’une étincelle pour marquer à jamais toute une population dans la nuit du 8 au 9 septembre 1944.

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L’accès à l’abri est gratuit. Un guide audio est fournit pour parcourir le site. Il contient de nombreux témoignages de brestois qui décrivent la ville de Brest pendant les bombardements, l’usage de l’abri Sadi-Carnot, son drame et les suites de l’accident.

Les photos sont réalisées avec un monopode avec le 17-55mm et ce n’est pas évident d’être bien stable avec des vitesse d’obturation lente. Avec une correction de la balance des blancs pour obtenir l’éclairage des couleurs réelles sur le tunnel et la scénographie du lieu.

 

L’histoire de l’abri Sadi-Carnot décrite dans cet article de Wikypédia :

A l’encontre de la Convention de Genève de 1864, dans l’abri occupé par des civils, des caisses de munitions sont entreposées ; elles voisinent avec des bidons d’essence alimentant le groupe électrogène allemand. Le 9 septembre à 2h30, dans la nuit du vendredi au samedi, résonnent de violentes explosions côté Tourville. La forme du lieu en faisant un canon, le tunnel s’embrase.

Sur les causes de cette catastrophe, les témoignages des rescapés diffèrent : altercation entre officiers allemands, cigarette mal éteinte, fausse manœuvre pour allumer le groupe électrogène ; en tout cas, les conséquences en sont désastreuses. Pour preuve, les flammes qui s’échappent des deux accès de l’abri : le tunnel s’est transformé en une véritable fournaise asphyxiant et brûlant tout.

C’est dans la nuit du 8 au 9 septembre 1944 qu’a lieu la catastrophe. A 2 heures 30 du matin, un soldat Todt chargé du groupe électrogène qui alimente l’abri se lève pour le mettre en marche. Suite à une fausse manœuvre, un incendie éclate. À proximité se trouvait un groupe électrogène de secours utilisé pour la lumière et tout à côté une réserve assez grande de carburant. Enfin, une grande quantité de munitions était entreposée dans l’abri.

Ceux qui réagissent rapidement sortent dans les fumées après avoir monté les 154 marches de l’escalier. Un grondement sourd d’une énorme puissance ébranle la voûte. Ceux qui sont au bout du tunnel sont éjectés comme des fétus de paille. Les autres sont coincés contre la grille qui s’est refermée sous le choc ou morts à l’intérieur. Toutes les munitions ont explosé transformant le long tunnel en un véritable canon. Les flammes s’élèvent à 30 mètres au-dessus de l’entrée.

371 Français sont morts, carbonisés d’un seul coup ; cinq à six cent Allemands auraient été tués. Victor Eusen est au nombre des victimes.